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Jésus a-t-il inventé la confession ?

ou comment la confession est une conséquence de la foi en Jésus-Christ. Sr Vanessa répond à la question

Sr Vanessa Micoulaud Sr Vanessa Micoulaud   Cette question a déjà fait couler beaucoup d’encre !
Je développerai une autre fois le sujet plus large du lien qui existe entre Jésus et les sacrements...
Pour le moment et en version brève, disons que le Christ Jésus est par toute sa vie le fondement ultime de tous les sacrements. Chacun des sept sacrements (le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence ou réconciliation, l’onction des malades, l’Ordre, le mariage) prend donc son originalité à cette source qu’est la vie même du Christ.
 
Tu t’interroges sur le rapport entre Jésus et la confession.
Il faudrait déjà être au clair sur ce que veut dire pour toi le mot de « confession ». Spontanément, la majorité des jeunes chrétiens que je croise, en chair et en os, pense que la confession, c’est un truc totalement « has been ». D’autres pensent que la confession c’est… se confesser, une démarche que l’on doit faire pour supprimer certaines taches qui gênent, qui font rougir : on cherche simplement à avoir meilleure conscience.
Or, d’après le sens primitif du mot, la « confession » est un mouvement de louange à Dieu (confesser ses bienfaits) qui invite autant à confesser la foi qu’à reconnaître ses péchés.
 
Certains jeunes ont fait cette expérience : Ce qui est au centre de leur foi, c’est leur relation au Christ. Dieu est pour eux « quelqu’un ». Ils savent la joie que l’on goûte quand on ne met pas de réserve avec le Bon Dieu, quand on se reconnaît l’enfant bien aimé du Père. Pourtant, ils éprouvent aussi la saveur amère du péché. Appelés à faire confiance à Dieu, appelés à accepter de ne pas trouver la vie par soi-même pour la recevoir seulement d’un Dieu de Bonté, ils se sont méfiés, ont rompu la relation. Ils savent la morsure d’une mauvaise solitude, des choix dictés par l’égoïsme, la peur, le désir de sauver d’abord sa propre peau. Comme le visage de Dieu, le visage des autres peut aussi un jour sembler flou et vide...
Et ils sont revenus ! Retrouvant le chemin de leur cœur, ils se sont souvenus de Celui qui seul peut donner la VIE pour de bon, en grand, pour toujours ! Ils ont retrouvé le goût du dialogue, du service, des rencontres qui illuminent une journée, le bonheur de la relation avec les autres et avec leur Dieu. Souvent, ils vont trouver un prêtre pour fêter les retrouvailles, pour célébrer le Pardon, pour s’ouvrir largement à l’Esprit Saint qui vient les recréer, faire « toute chose nouvelle ».
 
Revenir à son cœur, réfléchir en soi-même, se souvenir de Dieu…  
Le meilleur moyen pour ne pas continuer à faire fausse route - à s’engluer dans le dépit, la tristesse ou ses propres pensées - c’est de se souvenir de la vie de Jésus-Christ, d’ouvrir la Bible.
Nous pouvons en être certains, toute la vie de Jésus que nous contemplons dans les évangiles manifeste la Miséricorde de Dieu, combien Dieu est Pardon.
Par toute sa vie et sa manière de mourir sur la croix, à travers ce qu’Il dit et les actes qu’Il pose, Jésus nous révèle qui est Dieu le Père. Le Fils vient nous communiquer le secret du Père : Dieu Trinité n’est qu’amour, amour-pardonnant, communication d’amour pardonnant. En Jésus, la miséricorde, le pardon, c’est l’amour qui trouve à s’incarner… C’est le désir du Cœur du Père qui est dévoilé. Miséricorde/Pardon : des mots pour dire l’amour, la fidélité, l’alliance que Dieu veut vivre avec nous et cela se traduit par des actes.
 
Comme l’écrivait le cardinal Albert Decourtray :
« Jésus n'a pas dit : Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans le vice. Il dit : Elle a plus de chances pour le Royaume de Dieu que ceux qui tiennent à leur richesse ou se drapent dans leur vertu ou leur savoir. Luc 7, 36-50.
Jésus n'a pas dit : Cet homme n'est qu'un fonctionnaire véreux qui s'enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres. Il s'invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut. Luc 19, 1-10.
Jésus n'a pas dit : Ce centurion n'est qu'un occupant. Il dit : Je n'ai jamais vu pareille foi en Israël. Luc 7, 1-10. »
 
Vivre à la suite de Jésus mort et ressuscité c’est croire que le dernier mot sur notre vie ce n’est ni le malheur, ni nos limites humaines (physiques, psychologiques, etc.), ni les structures sociales déshumanisantes, ni une fatalité familiale ou géographique, ni même la mort. Le dernier mot, l’Amen final, le Oui prononcé sur la vie de chacune et de chacun, c’est le Nom même de Jésus, le Fils bien-aimé du Père, c’est la Vie et la Vie en abondance, l’Amour plus fort que le péché et la mort. Vivre le sacrement de la Réconciliation, c’est tout simplement célébrer cette foi.
 
 
Sœur Vanessa Micoulaud
 
PS. Si tu le souhaites, n’hésites pas à poser d’autres questions, par exemple à me demander : « Comment s’y prendre concrètement pour se confesser ? »
Tu peux aussi envoyer ton propre récit, la manière dont tu célèbres le sacrement de la Réconciliation.
 
vanessa.micoulaud@laposte.net
jeunes@cathocambrai.com

Article publié par PDJ • Publié Samedi 03 novembre 2007 • 5480 visites

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