Marie se leva et partit en hâte (Lc 1,39)

le Thème des JMJ 2023 à Lisbonne (fiche du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations)

La Visitation de la Vierge Marie, c'est le thème des JMJ !

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La sainte patronne par excellence des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse est la Vierge Marie, la jeune femme qui a accepté d’être la mère du Fils de Dieu incarné. Celle qui se leva et se précipita vers la montagne, pour rencontrer sa cousine Élisabeth, lui amenant Jésus qu’elle avait conçue. Ainsi, la Vierge Marie enseigne aux jeunes en tout temps et en tout lieu à apporter Jésus à d’autres qui l’attendent, aujourd’hui comme jadis !

 

Don Bosco, fête le 31 mars

Saint Jean Bosco, que saint Jean-Paul II a déclaré « Père et Maître de la jeunesse». Saint Jean Bosco a proposé aux formateurs son « système préventif », toujours d’actualité : « En la présence des jeunes, évitez le péché par la raison, la religion et l’affection. Devenez saints, éducateurs de saints. Faîtes en sorte que nos jeunes se sentent aimés. »

 

 

 

JMJ-LISBONNE-2023-site-banniere-1 JMJ-LISBONNE-2023-site-banniere-1  « Se leva … en hâte » (Lc 1, 39)

Étude biblique

 

Le thème des JMJ de Lisbonne est « Marie se leva et partit en hâte ». Dans cette courte phrase, il y a deux éléments qui auraient pu être omis. Il n’était ni nécessaire de dire que Marie s’était levée, ni que ce déplacement s’était fait en hâte. L’évangéliste aurait simplement pu dire : « Marie se rendit chez sa cousine Élisabeth… ». Si l’évangéliste a tenu à préciser d’une part que Marie s’est levée, et d’autre part qu’elle s’est déplacée en hâte, c’est donc que ces deux éléments étaient importants pour le récit : ils donnent une coloration qu’il faut bien repérer si l’on veut mieux saisir ce que l’évangéliste veut nous faire comprendre.

 

1. Une mise en mouvement

 

L’épisode de la Visitation, introduit par la phrase « Marie se leva et partit en hâte », est la troisième scène qui nous est rapportée par saint Luc. Il suit deux récits d’annonce de naissance : l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste à Zacharie et l’annonce de la naissance de Jésus à la Vierge Marie. Ces deux scènes sont deux scènes dans lesquelles il n’y a que très peu de mouvement. Zacharie se trouve dans le Temple de Jérusalem en train d’offrir l’encens et il est comme pétrifié par l’annonce de l’ange Gabriel. Lorsqu’il sort du Temple, il est incapable de parler.

 

L’annonce à Marie, quant à elle, a eu lieu dans un contexte très intime, dans la ville inconnue et reculée de Nazareth. Marie a accueilli de tout son être l’annonce inouïe de l’ange, mais on ne peut pas dire encore qu’elle soit passée à l’action. Elle est tout simplement dans l’accueil. Avec cette troisième scène de l’évangile, c’est donc un grand mouvement qui commence.

 

Dans les deux premières scènes, c’est Dieu qui est intervenu, qui a agi de diverses manières en envoyant l’ange Gabriel. À présent, c’est Marie qui est active. Jusqu’à présent, c’est essentiellement Gabriel qui a parlé ; dans la scène de la Visitation, il n’est plus question d’anges, ni même de l’action directe de Dieu. Ce sont les deux cousines qui dialoguent et la scène se conclura avec la grande louange de Marie, le Magnificat. Marie, d’une certaine manière se substitue à l’ange Gabriel : alors que c’est l’ange qui avait visité Zacharie puis Marie, c’est Marie, désormais, qui vient visiter Élisabeth.

 

Ces deux mots, se leva et en hâte, signifient bien, entre les Annonciations et la Visitation, le passage de la réception à l’action. La parole de Dieu reçue est désormais exprimée. Marie a entendu, à présent elle va parler. On peut être étonné par le premier verbe : elle se leva. Le verbe implique qu’elle était assise, voire même allongée. Dans l’évangile de Matthieu, Joseph reçoit l’annonce de l’ange dans un songe : on comprend alors qu’il se lève. Zacharie, lui, était debout dans le Temple, lorsque Gabriel est venu à sa rencontre. Qu’en est-il de Marie ? L’évangile ne le précise pas : on ne sait pas dans quelle circonstance Marie se trouvait. Ce que l’on souligne, en revanche, c’est que Marie se lève : elle entre dans une attitude active. C’est ce que souligne aussi l’expression en hâte. Il ne s’agit pas d’une fuite ou d’une sorte d’excitation. C’est plutôt une ferme détermination qui ne se laisse pas ralentir par des considérations extérieures. D’ailleurs, il est à noter que la décision d’aller rendre visite à Élisabeth n’est pas dictée par l’ange. Gabriel a dit à Marie : « voici qu’Élisabeth, ta parente, vient-elle aussi de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois » (Lc 1, 36). C’est Marie qui prend la décision de cette visite et de cette assistance à cette cousine. La hâte de Marie vient manifester l’élan de sa générosité.

 

2. Marie et le mystère pascal

 

Les deux expressions, se leva et en hâte, nous orientent, discrètement, vers le mystère pascal. C’est très clair pour le verbe se leva. C’est l’un des deux verbes de la résurrection, anistêmi (l’autre verbe de la résurrection est se réveiller – égeirô). On pourrait pratiquement traduire, Marie ressuscita.

 

L’évangile de Luc commence donc avec une femme qui se lève, Marie, et se terminera avec le Fils de Dieu qui se lève du tombeau au matin de Pâques. L’allusion au mystère pascal se trouve aussi dans l’expression en hâte. L’expression grecque, meta spoudês, est une expression rare dans la Bible. Dans cette forme-là, c’est la seule fois que Luc l’utilise1 . Dans l’Ancien Testament, elle n’apparaît que cinq fois, dont deux pour parler de la nuit de Pâques. Dans le livre de l’Exode, le Seigneur commande aux israélites de manger la pâque à la hâte (Ex 12, 11) et le livre de la Sagesse reprend ce thème : après avoir donné congé au peuple et l’avoir renvoyé en hâte, ils changeraient d’avis et le poursuivraient (Sg 19, 2).

 

Un lecteur du Nouveau Testament qui connaît un minimum l’Ancien Testament comprend alors que ce que Marie fait en se rendant auprès d’Élisabeth rappelle la sortie d’Égypte : comme le peuple d’Israël, Marie est entraînée, en hâte, dans une vie nouvelle. L’évangéliste saint Matthieu a proposé une lecture assez proche : il montre comment Jésus est le nouveau Moïse qui descend en Égypte, qui échappe à la fureur d’Hérode comme Moïse a échappé à Pharaon, et qui revient dans sa terre (Mt 2). Dans l’évangile de saint Luc, on voit Marie qui, déjà porteuse de Jésus, vit une sorte de Pâque : en accueillant Jésus, elle entre dans une vie nouvelle, par un passage qui se fait en hâte.

 

3. Une vie nouvelle

 

Les deux réflexions précédentes, sur la mise en mouvement et sur le mystère pascal, nous aident à comprendre que ce que Marie vit et manifeste, c’est l’émergence d’une vie nouvelle. Le récit de saint Luc, a commencé avec une situation d’impasse et de mort : Zacharie et Élisabeth étaient vieux et stériles. Mais les deux Annonciations ont déjà montré l’émergence de la vie, chez Élisabeth puis chez Marie. Ces deux familles sont profondément transformées par cette vie qui émerge Jusqu’à la phrase « Marie se leva et partit en hâte », cette vie était encore enfouie dans le sein des deux femmes, invisible et inaudible. Avec le départ et la hâte de Marie, c’est la manifestation de cette vie nouvelle, comme une plante qui sort de terre.

 

La rencontre entre les deux cousines vient faire éclore tout ce jaillissement de vie, avant même la naissance des deux enfants. Dans la scène de la Visitation, cette vie sera caractérisée par l’action de l’Esprit Saint. C’est l’Esprit Saint, qui, quelques instants auparavant, a pris Marie sous son ombre (Lc 1, 35). C’est ce même Esprit Saint qui la fait se lever. C’est encore l’Esprit Saint qui lui donne l’énergie de la hâte pour assister sa cousine. L’Esprit Saint conduit Marie, puis Élisabeth, et finalement les lecteurs de l’Évangile, dans une vie profondément renouvelée.

 

Article publié par Jeunescathocambrai Com • Publié le Jeudi 22 juin 2023 • 407 visites