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Pourquoi Dieu appelle-t-il ?

Laurence, Serviteur de l'Evangile, nous répond !

 

Laurence  St Jean le Thomas Laurence St Jean le Thomas  Mais pourquoi Dieu appelle-t-il ?

 

 

Pour répondre à cette question qu’on m’a souvent posée, je préfère  te raconter comment Dieu m’a appelée à devenir missionnaire … plutôt que  de  parler dans la théorie.

 

Tout d’abord il faut que je sois sincère : moi aussi, je me suis souvent demandé « mais pourquoi Dieu appelle-t-il donc?  Pourquoi certaines personnes se sentent-elles appelées par Dieu ?  En tout cas, moi, sincèrement, je n’avais pas très envie que ça m’arrive !  Je me disais : qu’Il en appelle d’autres, s’il y en a qui veulent, moi j’ai plein d’autres projets dans la tête ! 

 

           Un jour, lorsque j’étais en révision pour mes examens de la fac (je me trouvais dans une maison de retraite …, pour le silence !), quelqu’un qui était de passage là-bas a osé me demander : alors, tu vas terminer tes études ou bien tu vas rentrer tout de suite ici, dans cette communauté ?  Je portais une pile d’assiettes dans les mains, … j’ai failli tout laisser tomber !  Quoi ? Mais quelle question !

 

Quelle question … qui, malgré moi, a continué de frapper à ma porte … 

 

« Malgré moi », comme le prophète Jonas de la Bible, le plus rebelle des prophètes !  La Parole de Dieu lui fut adressée : « Lève-toi, va à Ninive, et annonce-leur … » (Jonas 1,1-2) et aussitôt Jonas se met en route …, mais pour fuir !  Il part complètement en sens contraire, loin de Dieu !  Ca me rappelle vaguement mon histoire … (C’est pas mal de trouver des histoires tellement ressemblantes à nos vies dans la Bible !)

 

Mon histoire, l’histoire de Jonas, celle de Pierre et Jean, celle de Marie-Madeleine, celle de St François et Ste Thérèse, celle de Jean Paul II …, une histoire d’Amour et de miséricorde !  Une magnifique histoire d’Amour avec un grand A … à laquelle j’ai pourtant si longtemps résisté.  La peur me faisait résister à un tel Amour ; la peur de « me perdre », de perdre ma vie, de perdre ce que je voulais faire de ma vie …  La peur de renoncer à ce que je croyais être le bonheur pour ma vie.  Je n’avais pas encore bien compris le « N’ayez pas peur ! » de Jean Paul II …

 

Peur, mais aussi incompréhension face au mal, à la mort.  Mon papa meurt subitement (j’avais  15 ans) …  Dans ma tête se bousculent toutes les questions les plus existentielles : à quoi ça sert de vivre, d’aimer, d’étudier si tout peut s’arrêter d’un seul coup ?  Pourquoi Dieu a-t-il permis cette mort et tant d’autres choses qui nous font trop mal ?  La peur prend un goût de révolte … et continue de résister à l’Amour.

 

Et quelle résistance !  Un cœur qui souffre peut devenir aussi dur que les pierres …  Mais les pierres peuvent aussi être brisées … par un regard d’Amour, un seul regard qui pleure avec toi, pénètre au-delà des apparences et fait fondre la glace.  « Oh, ce regard, je ne l’oublierai jamais » (refrain d’un chant que j’aimais beaucoup), le regard amoureux de Dieu avait été le plus fort !

 

Un autre prophète (pas mal lui aussi dans le genre « résistant et rebelle ») en parle d’une manière géniale : « Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire ; tu m’as maîtrisé, tu as été le plus fort … Je me disais : « Je ne penserai plus à lui », mais c’était en mon cœur comme un feu dévorant, enfermé dans mes os.  Je m’épuisais à le contenir, mais je n’ai pas pu. » (Jérémie 20,7.9)  Exactement pareil en moi !  Après de si longs mois de révolte, après de si longs mois … de solitude intérieure (qui pouvait bien comprendre un cœur si compliqué, qui cherche le bonheur partout, qui tombe si facilement amoureux … et se résiste pourtant à l’Amour ?), après un « si long hiver » j’ai capitulé !  Je ne pouvais plus résister à ce « trop d’Amour » !

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur,

et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » (Confessions 1,1) 

« Dieu, tu m’as appelé, tu as crié, et tu as brisé ma surdité … » (Confessions 12,10)

Saint Augustin

 

 

Entre temps, j’avais rencontré – par hasard ? – une missionnaire espagnole dans un bus !  Une vie toute simple, mais pleine de « Vie en abondance » qui m’avait beaucoup attirée !  Puis, départ loin de chez moi pour mes études, et là-bas, appel révolutionnaire de Dieu : Laurence, « J’ai soif » (ce sont les derniers mots de Jésus sur la croix).  Un soir, au pied d’une croix, j’ai écouté : « Laurence, que puis-je encore faire pour ma vigne (pour mon humanité) que je n’aie fait ?  Viens, toi aussi, travailler à ma vigne  (Isaïe 5,4 ; Matthieu 20,4), j’ai besoin de toi, trop de jeunes sont complètement orphelins de Dieu et souffrent … »

 

- Mais, Seigneur, si je t’ai complètement ignoré, si je t’ai rendu coupable de la mort, de la souffrance …, je suis un « ouvrier de la onzième heure », je ne mérite pas que …

 

Mais Dieu m’appelait parce qu’il avait besoin de ma vie dans le monde.  Vraiment, ce n’était pas du théâtre qu’il faisait !  Quelle confiance, quelle miséricorde !  Me demander la vie pour le faire connaître, pour être missionnaire de son Amour, alors que je lui avais résisté si longtemps !  Me faire parler de lui alors que je n’ouvrais pas la bouche !  Quelle folie d’amour !

 

Il ne me restait plus que les mots de saint Paul : « Je rends grâce au Christ, notre Seigneur, qui m’a jugé assez fidèle pour m’appeler à son service, moi, naguère, un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur.  Mais il m’a été fait miséricorde parce que j’agissais par ignorance. » (1ère Epître à Timothée 1,12-13)

 

                Dans l’Evangile, Jésus dit : « Je suis venu pour que tous aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10,10).  Après 12 ans de vie missionnaire, je ne peux que dire : c’est vrai !!  Le seul désir de Dieu, c’est la VIE pour nous, notre bonheur !  Dieu n’est pas un voleur de vie, il ne vient pas te l’arracher (tu peux relire l’Evangile du Bon Berger – Jean 10).  Il te la donne en abondance, il fait jaillir le meilleur de toi, le « trésor caché dans ton champ » (cf. Matthieu 13,44).

 

                Notre vie est pour beaucoup plus !

 

                Jean Paul II l’a cru quand il avait ton âge … sans s’imaginer ce qu’il deviendrait …

                Comme lui, N’AYONS PAS PEUR !

 Si toi aussi tu te poses des questions, n'hésite pas à visiter le site http://vocations.cathocambrai.com/

 

 

Article publié par • Publié Mardi 26 avr 2005 • 9923 visites

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