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Paul Chytelman touche les coeurs ...

Dans le cadre de la préparation aux JMJ, Paul Chytelman, déporté à Auschwitz, a témoigné à Valenciennes et Douai

 

« Ce qui m’aide à tenir aujourd’hui, c’est le sourire de mes petits enfants… »

 

Première dédicasse Première dédicasse  C’est en ces termes que Paul Chytelman termina son témoignage, ce mardi 3 mai 2005 à Douai, lors du 4ème temps fort spirituel proposé par l’équipe de préparation des JMJ.

 

C’est entouré de 80 personnes environ , que Paul, aujourd’hui âgé de 82 ans, commença son exposé.

« Il m’est proposé de vous aider à réfléchir sur la réconciliation comme un chemin possible. Mais on sait que ce n’est pas toujours facile. Il me faut aujourd’hui déjà survivre à ma propre mort. Il me faut réentendre les chiffres : 11 millions d’hommes et de femmes (dont 8 millions dans les camps de concentration) morts ! Leur seul crime : Avoir exister ! Non pas parce qu’ils étaient des hommes et des femmes mais parce qu’ils étaient juifs

Témoigner aujourd’hui, c’est aussi redire que 30 années furent nécessaires pour une prise de conscience de ce qui s’est réellement passé. Nous sommes invités à rester vigilants, à rester des hommes libres, à veiller à ce que cela ne se reproduise plus.

Et pourtant aujourd’hui encore de nombreux actes anti-sémites se produisent !

 

Puis ce fut le temps des questions fortes, prenantes, que chacun posa….

Qui êtes vous ?

« Je viens de la région de Bourgogne, marié à Geneviève. Je suis d’origine polonaise et juive. J’ai combattu dans la résistance.

Aus. Aus.  J’ai vécu 11 mois à Auschwitz. Des moments terribles : la longue marche de la mort où 14 000 de mes camarades sont restés dans les fossés (morts de froid, abattus parce que lents à marcher), le temps dans le train composé de 25 000 détenus (avec 1000 morts en 3 jours !), envoi dans d’autres camps infestés par la peste, le choléra…, « séjour » difficile sans eau et nourriture entouré de cadavres en putréfaction.

J’ai eu « de la chance » : j’ai travaillé dans le camp, cela m’a permis de survivre. A 21 ans, je ne faisais que 32 kilos…. »

 

La libération :

« Quand les anglais sont arrivés, ils ont trouvé des squelettes ambulants. Nous avons été soignés puis envoyés à Bruxelles, puis Lille dans un centre de démobilisation, pour une visite médicale… Les Anglais donnent l’alerte à la France : « 280 français sont là et revendiquent leur nationalité française »

 

Quelle a été votre réaction devant tant de morts.. ?

 

Arbeit Arbeit  « Mon sentiment : les morts ne nous embêtaient pas… ils étaient morts… Et puis à 21 ans, vous souffrez oui, mais vous avez envie de vous battre aussi pour survivre..

Sachez que depuis 60 ans, je continue de vivre à Auschwitz. Parfois, je me demande si c’est une chance que d’avoir survécu !... Je suis et je reste imprégné par la déportation.

 

 

 

D’autres questions fusent, le climat est pesant et fort de respect… Paul continue à répondre à ce papa dont l’enfant de 12 ans est présent : «l’ambiance dans le train : horrible : nombreux, écrasés, sans eau, sans lumière, livré à nous-mêmes. Et puis quand le train arrive, c’est la séparation

(que nous ne comprenons pas) : femmes, enfants, vieillards à gauche, hommes, certaines femmes à droite etc…. c’est la douche aussi qui est proposée : « vous êtes sales, la douche va vous faire du bien !!! » Mais quelle douche ? Celle qui tuera plus de 500 personnes à la fois.

 

Paul s’arrête ensuite sur des chiffres qui font partie de sa propre histoire :

« 3 février 1944, convoi n° 65 : 1214 personnes à bord – 976 hommes, femmes et enfants qui seront gazés – 202 personnes restantes dont 40 femmes… des jeunes femmes au corps de déesses pour satisfaire les SS et d’autres qui iront travailler

Nous sommes alors rasés dans la totalité, douchés, habillés de ce pyjama aux couleurs inoubliables… puis nous devenons des numéros…. Notre nom est volé… Je deviens le numéro 173264 !

 

Voilà il est 21 h 45, Paul nous a  retracé 15 mois de sa vie mais qui aujourd’hui font toute sa vie.

Ce fut un témoignage poignant, fort, empreint d’émotion. Merci Paul pour cette page d’histoire, une page de votre histoire qui en a fait des livres, et pour que l’on n’oublie jamais…..

 

Isabelle Klingebielombres ombres  

 

 

 

 

 

 

 

"Nous avons assisté au témoignage redoublant d'émotion de Paul Chytelman, déporté au camp de Auschwitz. Il est difficile d'exprimer toute l'émotion ressentie lors de ce récit nous montrant l'enfer vécue par cet homme. Un exemple troublant de l'atrocité que certains hommes ont subient durant la seconde guerre mondiale. Nous remercions ce "clown triste" qui a sut nous montrer que l'espoir est la meilleure arme qu'un homme puisse avoir! Nous vous remercions aussi, de nous avoir permi de rencontrer cet homme exceptionnel et nous espérons qu'il pourra continuer longtemps sa quête en l'hommage de tout ceux qui ont souffert"

Marie (lycéenne à Valenciennes)

 

Les deux livres de Paul (taper Paul Chytelman sur un moteur de recherche pour trouver les librairies)

Et pourtant Et pourtant  Le courage d'espérer

Et pourtant ce fut

 

 

 

Article publié par • Publié Jeudi 05 mai 2005 - 00h15 • 1933 visites

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