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Le monde selon les 15-24 ans

 trouvé sur le site INXL6

 

Commentaires du sondage CSA-La Vie-La Joc

Le monde selon les 15-24 ans

 

Les jeunes font l’objet aujourd’hui de tant de discours contradictoires que l’hebdomadaire La Vie a eu envie de savoir comment ils se percevaient eux-mêmes. D’où l’idée de lancer un sondage auprès des 15/25 ans (CSA), et de poser parallèlement les mêmes questions – chaque fois que cela était possible – à un échantillon représentatif de la population adulte.

 

Une identité contradictoire


Première surprise : quand on demande aux jeunes de qualifier leur propre génération, la réponse qui arrive en tête est… « intéressée par l’argent » (58 % !). Matérialistes donc ? Pas si simple : ce qui les caractérise est l’association des contraires : « intéressés par l’argent » est cité conjointement à « révoltés » avec quasiment les mêmes scores (alors qu’à la génération de leurs parents la révolte se faisait contre l’argent). Ils ne sont pas l’un OU l’autre, mais l’un ET l’autre. Les deux réponses suivantes créent le même contraste : les jeunes se voient à la fois « solidaires » et « individualistes » (au même niveau, respectivement 33 % et 31 %). Cela n’a pour eux rien d’incompatible.


Les adultes partagent le diagnostic des jeunes sur les deux premiers points (intéressés par l’argent et révoltés), mais sur les autres ils sont nettement plus sévères que les intéressés : ils les trouvent beaucoup moins solidaires que les jeunes ne se voient eux-mêmes (écart de -18 points), moins ambitieux (écart de -11 points), moins responsables (-9 points) et plus résignés (+10 points).

Réussir sa vie : le métier d’abord


La dimension professionnelle (« avoir un métier qui me plaît ») écrase tout le reste dans la liste des facteurs de la réussite de sa vie (80 %). C’est le reflet d’une période d’incertitude économique, qui leur « bouffe la tête » comme ils disent et leur bouche l’horizon. Derrière arrive « fonder une famille » (59 %), notion dont tous les sondages, depuis plusieurs années, atteste la faveur. Plus surprenant est l’écart qui sépare « fonder une famille » et « réussir sa vie sentimentale » (41 %, soit presque 20 points derrière alors qu’on pouvait penser que les deux étaient liés). Comme s’ils faisaient passer l’installation dans la durée d’une cellule élargie, avant l’investissement plus immédiat sur le bonheur à deux. La publicité et les médias leur vantent pourtant le contraire…

La société a peur des jeunes
C’est le sentiment dominant des adultes (63 % disent que « la société a peur des jeunes »). Mais c’est aussi presque dans les mêmes proportions (59 %) ce que ressentent les jeunes. Paradoxalement les auteurs et les victimes de cet état de fait partagent le même diagnostic, même si, on s’en doute, ils ne le vivent pas de la même manière.

 

Une majorité d’adultes (63 %) estime que la société est trop laxiste avec les jeunes. L’idée n’est pas neuve, et chaque génération pense toujours plus ou moins cela de celle qui la suit. On est plus surpris de voir que 43 % des jeunes, pas loin d’un sur deux, partagent aussi ce diagnostic.


Pourquoi la société va mal ?


Au-delà de leur propre situation, les jeunes ont une idée bien précise des causes des tensions qui se font jour aujourd’hui dans la société française. Au premier rang, ils placent les problèmes économiques (« le chômage et l’instabilité de l’emploi » : 70 %). Au second rang, la division sociale. Ils sont d’ailleurs plus sensibles aux divisions entre les races (« le racisme » : 44 %) qu’entre les classes (« les inégalités sociales » : 37 %) ; la hiérarchie des deux n’était certainement pas celle là il y a 20 ou 30 ans. Les autres divisions, entre les religions (« les différences religieuses » : 11 %) et entre les sexes (« l’inégalité entre les hommes et les femmes » : 6 %) arrivent loin derrière. Quant aux facteurs individuels, ils ne sont finalement qu’au troisième rang des causes de tension : l’égoïsme ou l’individualisme (20 %), les discordes familiales (6 %).


Leur conception de l’action politique et citoyenne


Pour que les citoyens puissent jouer efficacement leur rôle, le premier moyen c’est de… voter : 71 % des jeunes le pensent, encore plus que les adultes (54 %) ! Le traumatisme d’avril 2002 et de la présence de Le Pen au second tour a manifestement laissé des traces très fortes dans la génération qui à l’époque a été la plus nombreuse à s’abstenir…


Leur conception de l’engagement collectif est d’abord associative : « agir dans une organisation humanitaire » (28 %) et « adhérer à une association sociale et culturelle » (25 %. C'est-à-dire des formes d’engagement liées à des causes précises et à des moments définis, par opposition aux engagements plus permanents liés à une représentation générale du monde : militer dans un syndicat (6 %) et militer dans un parti politique (4 %) n’ont vraiment plus la cote.


Quant au passage à l’acte, pour eux il se fait dehors (« participer à une manifestation » : 28 %) et non dedans (« signer une pétition » : 14 %). Soit des réponses exactement inversées par rapport à celles des adultes (respectivement 20 % et 11 %).


C’est la faute aux médias…


Deux jeunes sur trois (69 %) considèrent que les médias « donnent une image négative des jeunes d’aujourd’hui » (dont 49 % assez négative, et 20 % très négative). Cette image est d’autant plus forte que l’on va vers les milieux favorisés (78 % chez les enfants de cadres supérieurs) et en région parisienne (75 %).

 

 

Article publié par • Publié Lundi 20 septembre 2004 • 2391 visites

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