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Les jeunes et la violence

Conférence de Jean Marie Petitclerc

     
 

Le 15 mai dernier, à l'hotel de ville de maubeuge, l'APEL du collège ND de Grâce, en lien avec la Pastorale des Jeunes, accueillait le Père Jean Marie Petitclerc pour une conférence sur le "malaise des jeunes"


  

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Elevé dans une famille de médecins en Normandie, Jean-Marie Petitclerc intègre l'École Polytechnique en 1971. Devenu prêtre salésien, il suit une formation d'éducateur spécialisé et fonde un club de prévention spécialisée à Chanteloup-les-Vignes. Il dirige ensuite un foyer d'action éducative "habilité justice" qui accueille des mineurs confiés par des magistrats. Il est rappelé à Chanteloup-les-Vignes au moment des émeutes urbaines de 1991 et initie la « médiation sociale ».

Fondateur et responsable du Valdocco à Argenteuil, directeur de l'Institut de Formation aux Métiers de la Ville à Argenteuil, Jean-Marie Petitclerc a aussi été chargé de mission au Conseil général des Yvelines. Depuis septembre 2004, il a rejoint Tassin-la-Demi-Lune, à l'ouest de Lyon, où il a monté une antenne du Valdocco et repris une entreprise de réinsertion, l'Arppe. Il est également très impliqué dans le scoutisme, puisqu'il est depuis de nombreuses années aumonier de groupes Scouts et Guides de France.

Biographie et ouvrages de JM Petitclerc sur le site: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Petitclerc

 

 

JM Petitclerc nous rappelait que depuis Socrate, l'on fait le même constat: les jeunes ne sont pas à la hauteur de ce que nous (adultes) avons pu être. Et pourtant, plus que de parler de "jeunes difficiles", il s'agit de parler d'une relation devenue difficile !

 

 

Les trois travaux de deuil chez le jeune

L'adolescent, nous dit il, n'est plus un enfant et n'est pas encore un adulte ! Il s'agit pour lui de mourir à l'enfance pour naitre à la vie adulte. Et cela suppose 3 travaux de deuil:

- le deuil de l'image idéale de l'adulte: la réalité est différente de la projection faite dans l'enfance. L'adolescent est parfois déçu des comportements de certains adultes

 

- le deuil de l'image de soi: écart entre l'image qu'il rêverait de donner et le regard des autres. Avec dans ce cas, deux risques:

  • le repli sur soi: anorexie, boulimie, repli dans le monde virtuel
  • l'adaptation  au regard des autres: adopter tel ou tel comportement parce que cela lui permet d'exister par rapport aux autres: 1er joint, 1er verre d'alcool, 1ère relation, etc. Il faut aider ces jeunes à être attentif au regard des autres, sans en être dépendant !

-  Passer du rêve au projet : Il ne s'agit pas de briser le rêve mais bien d'aider, d'aller à la racine du rêve pour voir ce qui est négociable avec la réalité. ex: tel veut devenir médecin mais a de mauvais résultats en math et en sciences physiques, peut être peut il faire un autre métier plus accessible pour lui. C'est un passage. Le bonheur se construit dans le réel ! Mais existe là encore deux risques:

  • la fuite dans le rêve pour s'évader de la réalité (ex: cannabis)
  • la violence "'J'en veux à la société car elle ne m'a pas permis de réaliser mon rêve"

Etre jeune aujourd'hui

Le Père Petitclerc insiste bien sur le fait qu'il est plus difficile d'être jeune dans le monde d'aujourd'hui !

- La crédibilité de l'adulte qui l'accompagne !

Une position de pouvoir ne confère pas systématiquement une position d'autorité ! L'autorité va se fonder sur la crédibilité de celui qui en est le porteur 

- Les jeunes sont de plus en plus dans "l'entre jeunes". avec un langage"banlieue" qui a une version écrite avec le sms et une frontière de plus en plus tenue entre le virtuel et le réel: jeux vidéo, télé, etc

- Et l'on voit se profiler une crise de projection dans l'avenir avec une recherche de sens, la conduite de l'instant, le "  tout, tout de suite" et la dépression allant jusqu'au suicide (50 à 60000 par an)

Un mal être qui se traduit par:

- la violence, sachant que les jeunes les plus violents, nous dit le Père Petitclerc, sont des handicapés du langage émotifs

- la fuite: l'alcool, la drogue, etc; l'important étant de savoir la place que cela prend dans la tête du jeune !

- les conduites suicidaires, souvent différentes du fait de vouloir mourir mais qui sont plus un désir de vivre autrement. Ces jeunes, nous dit il, veulent sortir d'une souffrance intolérable devant laquelle ils se sentent impuissants !

 

Et là, se pose la question pour les éducateurs de jeunes du "Comment accompagner" ?

L'important est d'être toujours capable de réagir sur des actes, sans étiqueter la personne qui ne se réduit pas à ses actes ! On ne dit pas la même chose quand on dit "Ta copie est nulle" et "Tu es nul" !

Sachons, nous dit il, aider nos jeunes, à mémoriser des réussites et non des échecs !

 

Une soirée débat suivit la conférence: un échange riche qui permit à tous ceux qui le souhaitaient de prendre la parole ...

Merci aux organisateurs ! Et surtout merci au Père Petitclerc pour cette conférence de qualité, empreinte d'espérance, pour rappeler la confiance qu'il fallait avoir en cette jeune génération dont le mal être est parfois grand !  

 

 

 



Cette page a été publiée Avant Hier par SABRINA BERTAUX  

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Article publié par emmanuel canart • Publié Vendredi 18 mai 2007 • 2954 visites

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