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A propos des gilets jaunes...

... 4 pistes de réflexion

gilet gilet  Quel Avent ! La crise que notre société ne laisse personne indifférent. Et surtout pas les jeunes. Qu’est-ce que cela signifie pour nous, dans notre tâche pastorale et notre témoignage ? Comment évoquer le mystère de l’Incarnation, justement au cœur de nos soucis très incarnés ? Comment dire Dieu qui vient ? Qui se fait proche ? « Qui ne brise pas le roseau qui fléchit, et n'éteint pas la mèche qui faiblit » (Isaïe 42,3)?

 

Voici ci-dessous la belle déclaration des évêques de France publiée ce mardi. Lisons-la et travaillons-la avec les jeunes. Il ne nous reste que quelques jours avant les vacances de Noël mais nous proposons, très simplement de pouvoir nous l’approprier, chacun à notre niveau. Nous ne pouvons pas rester indifférents aux cris qui jaillissent du peuple depuis plusieurs semaines. Ils invitent à la prière et à l’échange.

 

VOICI 4 PISTES DE REFLEXION

 

1/ L’Evangile nous presse à être particulièrement attentifs aux jeunes qui sont plus vulnérables. Parmi les Gilets Jaunes, un certain nombre de jeunes ! On ne les voit pas nécessairement dans nos aumôneries. Ils attendent eux aussi une parole de salut. Que notre prière et nos partages les intègrent. Ils nous interpellent.

 

2/ Le temps de la jeunesse est celui des premiers engagements, d’une formation à la conscience politique. Au cœur de cette crise, il apparaît difficile de trouver des réponses simples, qui conviennent à tous, aux plans économique, social et environnemental. Que nos échanges abordent la question du bien commun, de la place de l’argent, de la fraternité. Quels modèles d’engagement pour les jeunes ?  N’ayez pas peur de faire circuler la parole !

 

3/ Que des témoins et des figures de sainteté se lèvent ! A l’exemple d'Oscar Romero, récemment canonisé, de Pier Giorgio Frassati, ou de tant d’autres… Cette crise est une invitation pour les jeunes à témoigner de la radicalité et de la nouveauté de l’Evangile. Les jeunes sont capables de signes forts ! Aidez-les à dire le Christ ! Un geste. Une parole.

 

4/ Le Pape François invite les jeunes à répandre la vertu de l’espérance.  Il nous invite à « faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations » (discours d’introduction au synode). Pouvez-vous ensemble invoquer l’Esprit saint avec foi, les yeux ouverts sur le monde ? Pouvez-vous inviter à l’espérance ? Les jeunes désirent-ils la venue de Jésus, pauvre parmi les pauvres ?  En traversant les rues de Paris, je viens d’apercevoir parmi tous les tags qui ont fleuri un grand « Jésus sauve ! ». Il est le nom de l’espérance.

Bonne lecture de la lettre des évêques et bonne marche, incarnée, vers la lumière du Sauveur !

 

Père Vincent Breynaert, responsable national de la Pastorale des Jeunes

 

 

APPELAUX CATHOLIQUES DE FRANCE ET A NOS CONCITOYENS

 

À l’heure où nous écrivons, notre pays n’est pas encore sorti de la crise dite « des gilets jaunes » : crise révélatrice d’un malaise très profond et très ancien, qui engendre une grave défiance envers les responsables politiques.

Il serait à coup sûr très dommageable que cette situation délétère se prolonge. Mais chacun sent, plus ou moins confusément, que la sortie de crise sera difficile car les enjeux sont tout autres que conjoncturels : il en va de notre capacité collective d’espérer et de bâtir l’avenir. Comme nous l’écrivions il y a deux ans, « il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas nous rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère, intensifiées par les attentats et les agressions, qui habitent une part importante des habitants de notre pays, et qui expriment ainsi des attentes et de profonds désirs de changements. Il faudrait être indifférents et insensibles pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national »[1].

Nous constatons que notre démocratie manque de lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble. L’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical contribuent à ce déficit. Où nos concitoyens trouveront-ils des lieux appropriés pour ce travail si urgent ?

L’Église catholique dispose d’un maillage de milliers de paroisses, réparties sur l’ensemble de notre territoire et riches de la présence de multiples mouvements, aumôneries et associations de fidèles. Lieu de prière, en particulier liturgique, la paroisse est aussi par nature et par vocation la « maison de famille fraternelle et accueillante » [2] pour tous et la « famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme » [3]. À ce moment de notre histoire, nous pouvons le montrer et apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse. Sans se substituer aux politiques, l’Église offre un espace pour faire grandir la fraternité.

 

Notre proposition

 

Nous sommes à quelques jours de Noël, mais dès maintenant il est possible d’entreprendre une réflexion qui pourra se poursuivre tout le temps nécessaire, en lien avec tout ce qui se déroulera sur le territoire. C’est maintenant que nos concitoyens ont besoin de débattre entre eux et de disposer de lieux pour le faire.C’est pourquoi nous vous proposons, dans les semaines à venir, de susciter partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant très largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi, qui peuvent être intéressées d’y participer et d’y apporter leurs idées.

Pour ce travail, à titre de pistes de réflexion, nous vous suggérons les cinq questions suivantes :

1/ Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

4/ Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Nous vous suggérons de transmettre vos réponses à vos élus. Votre évêque lui aussi sera heureux d’en être informé.

Le 11 décembre 2018,

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

Voici ci-dessous la belle déclaration des évêques de France publiée ce mardi. Lisons-la et travaillons-la avec les jeunes. Il ne nous reste que quelques jours avant les vacances de Noël mais nous proposons, très simplement de pouvoir nous l’approprier, chacun à notre niveau. Nous ne pouvons pas rester indifférents aux cris qui jaillissent du peuple depuis plusieurs semaines. Ils invitent à la prière et à l’échange.Voici 4 pistes de réflexion

1/ L’Evangile nous presse à être particulièrement attentifs aux jeunes qui sont plus vulnérables. Parmi les Gilets Jaunes, un certain nombre de jeunes ! On ne les voit pas nécessairement dans nos aumôneries. Ils attendent eux aussi une parole de salut. Que notre prière et nos partages les intègrent. Ils nous interpellent.

2/ Le temps de la jeunesse est celui des premiers engagements, d’une formation à la conscience politique. Au cœur de cette crise, il apparaît difficile de trouver des réponses simples, qui conviennent à tous, aux plans économique, social et environnemental. Que nos échanges abordent la question du bien commun, de la place de l’argent, de la fraternité. Quels modèles d’engagement pour les jeunes ?  N’ayez pas peur de faire circuler la parole !

3/ Que des témoins et des figures de sainteté se lèvent ! A l’exemple d'Oscar Romero, récemment canonisé, de Pier Giorgio Frassati, ou de tant d’autres… Cette crise est une invitation pour les jeunes à témoigner de la radicalité et de la nouveauté de l’Evangile. Les jeunes sont capables de signes forts ! Aidez-les à dire le Christ ! Un geste. Une parole.

4/ Le Pape François invite les jeunes à répandre la vertu de l’espérance.  Il nous invite à « faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations » (discours d’introduction au synode). Pouvez-vous ensemble invoquer l’Esprit saint avec foi, les yeux ouverts sur le monde ? Pouvez-vous inviter à l’espérance ? Les jeunes désirent-ils la venue de Jésus, pauvre parmi les pauvres ?  En traversant les rues de Paris, je viens d’apercevoir parmi tous les tags qui ont fleuri un grand « Jésus sauve ! ». Il est le nom de l’espérance.

Bonne lecture de la lettre des évêques et bonne marche, incarnée, vers la lumière du Sauveur !

P. Vincent Breynaert, directeur du SNEJV

 

Appel aux catholiques de France et à nos concitoyens

À l’heure où nous écrivons, notre pays n’est pas encore sorti de la crise dite « des gilets jaunes » : crise révélatrice d’un malaise très profond et très ancien, qui engendre une grave défiance envers les responsables politiques.

Il serait à coup sûr très dommageable que cette situation délétère se prolonge. Mais chacun sent, plus ou moins confusément, que la sortie de crise sera difficile car les enjeux sont tout autres que conjoncturels : il en va de notre capacité collective d’espérer et de bâtir l’avenir. Comme nous l’écrivions il y a deux ans, « il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas nous rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère, intensifiées par les attentats et les agressions, qui habitent une part importante des habitants de notre pays, et qui expriment ainsi des attentes et de profonds désirs de changements. Il faudrait être indifférents et insensibles pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national »[1].

Nous constatons que notre démocratie manque de lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble. L’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical contribuent à ce déficit. Où nos concitoyens trouveront-ils des lieux appropriés pour ce travail si urgent ?

L’Église catholique dispose d’un maillage de milliers de paroisses, réparties sur l’ensemble de notre territoire et riches de la présence de multiples mouvements, aumôneries et associations de fidèles. Lieu de prière, en particulier liturgique, la paroisse est aussi par nature et par vocation la « maison de famille fraternelle et accueillante » [2] pour tous et la « famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme » [3]. À ce moment de notre histoire, nous pouvons le montrer et apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse. Sans se substituer aux politiques, l’Église offre un espace pour faire grandir la fraternité.

Notre proposition

Nous sommes à quelques jours de Noël, mais dès maintenant il est possible d’entreprendre une réflexion qui pourra se poursuivre tout le temps nécessaire, en lien avec tout ce qui se déroulera sur le territoire. C’est maintenant que nos concitoyens ont besoin de débattre entre eux et de disposer de lieux pour le faire.C’est pourquoi nous vous proposons, dans les semaines à venir, de susciter partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant très largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi, qui peuvent être intéressées d’y participer et d’y apporter leurs idées.

Pour ce travail, à titre de pistes de réflexion, nous vous suggérons les cinq questions suivantes :

1/ Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

4/ Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Nous vous suggérons de transmettre vos réponses à vos élus. Votre évêque lui aussi sera heureux d’en être informé.

Le 11 décembre 2018,

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

[1] Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, Dans un monde qui change retrouver le sens du politique, coédition Bayard-Cerf-Mame 2016, p. 12.
[2] S. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Christi fideles laici, 1988, n° 26.
[3] Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, n°

Article publié par emmanuel canart • Publié Jeudi 13 décembre 2018 • 444 visites

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