D’abord, un grand merci pour tous vos messages de remerciements qui nous ont touchés ! Très heureux pour tous ceux qui ont pu se retrouver ou être éclairés par notre témoignage. Nous avons pris le temps de répondre à vos questions… alors bonne lecture ! Nous prions pour chacun de vous.
Comment pardonner quand la personne ne cherche pas à prendre conscience de ses péchés ?
Il est difficile d’aider l’autre à ouvrir les yeux sur ses défauts parce qu’il a sa fierté. Parfois, certains n’ont pas été habitués dès l’enfance à se remettre en question et à accepter de ne pas avoir toujours raison et n’arrivent pas forcément à « entendre » le pardon ou les conseils.
Mais, peu importe si tu as l’impression que la personne n’a pas pris conscience, elle a besoin de ton pardon et le travail intérieur se fera petit à petit, même si cela peut prendre du temps ! Il est toutefois bon d’amener les choses avec ton ressenti, ça aide souvent la personne à se rendre compte de la façon dont tu l’as vécu.
Etes-vous Chrétien de naissance ? Si non, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?
Nous sommes Chrétiens de naissance mais dans la famille de Jean-Baptiste, ils n’étaient pas régulièrement pratiquants. C’est lors de son parcours scout qu’il a été encouragé à se préparer à la Confirmation et qu’il a redécouvert la foi puis, notre rencontre…
Nous avons pris du temps pour échanger sur notre foi. Jean-Baptiste avait beaucoup de questions que moi-même je ne me posais pas du tout et cela nous a enrichi tous les deux.
Votre fierté ne prend pas le dessus ?
Nous pensons que c’est important d’être fier de soi-même et de ses enfants bien sûr !
Maintenant, on est souvent bien déçus de soi-même et garder l’estime de soi n’est pas un travail facile et même très difficile à acquérir.
En tant que parents, nous avons le devoir de porter notre famille et leur inculquer des valeurs. Chacun le fera de sa propre manière, il n’y a pas de règles pour ça !
Il faut être là pour encourager nos enfants et pourtant parfois nous sommes découragés… et l’on sent que l’on rame à contre-courant.
Je ne dirai donc pas que c’est une fierté d’être chrétien mais un réel soutien de chaque instant.
Tout remettre entre les mains du Seigneur ! Lui seul fait le reste.
Comment prier en famille quand tout le monde n’a pas la foi ?
Nous nous doutons de la complexité de prier seul et de ne pas être compris dans sa F-foi.
Il n’est pas possible d’imposer à sa famille de prier, surtout si ce n’est pas une habitude.
Par contre, en parler, et, de temps en temps, leur proposer un simple temps de prière pour confier telle ou telle personne ou pour remercier le Seigneur pour les grâces qu’il vous donne peut peut-être les faire réfléchir et les rapprocher de Dieu.
Osez parler de Dieu et priez beaucoup pour vos familles !
Est-ce que vous êtes tristes ou en colère quand un de vos enfants se dispute avec un autre ou avec vous ? Que ressentez-vous à ce moment-là ?
Évidemment, nous sommes bien tristes de voir nos enfants qui se disputent ou ne veulent pas se comprendre… bien impuissants et démunis aussi devant leur nonchalance et leur rébellion !
Il y a des moments où l’on voudrait tout laisser tomber, et se dire qu’ils se débrouillent tout seul. Mais, notre amour pour eux est plus fort !
Alors, on leur explique nos ressentis, on essaie de resserrer les liens entre nous en passant du temps de qualité et en leur montrant qu’ils peuvent compter sur nous quoi qu’il arrive. Ce sera par des actes concrets ou matériels mais surtout par des paroles valorisantes et bienveillantes.
N’oubliez jamais de dire à vos proches que vous les aimez ! Et n’ayez pas de rancœurs entre vous !
Comment gérez-vous les disputes dans votre famille et dans votre relation ?
Parfois il nous arrive de hausser le ton mais plutôt rarement car nous avons remarqué que les cris n'arrangent pas grand-chose au problème, au contraire ! Et puis, ce n’est pas trop dans notre caractère surtout.
Pour gérer les disputes, on essaye de comprendre ce qui s’est passé ensemble et on prend le temps de parler et de s’expliquer. Ce n’est pas toujours tout de suite car c’est difficile ou on n’a pas le temps, mais au moins avant de se coucher ! Parfois, on pleure, on n’est pas d’accord ou on n’admet pas nos torts, mais on finit toujours par se consoler et essayer de trouver une petite solution au problème et à avancer tant bien que mal.
Les rechutes sont nombreuses mais on persévère pour la paix de notre couple et de la famille.
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’avoir des enfants ?
C’était une évidence pour tous les deux et l’envie d’avoir des enfants est présente depuis le début.
D’ailleurs, quand on cherche les moments les plus heureux dans nos souvenirs, c’est le plus souvent d’eux dont on parle !! De tout ce qu’ils nous apportent et du bonheur qu’ils nous donnent.
Quel est votre plus grand regret ?
Question pas facile, car des regrets on peut toujours en trouver, mais en relisant notre vie, on se rend compte que le regret d’un jour ne l’est plus forcément plus tard, car il a été nécessaire pour la réalisation d’autres choses, il m’a permis de mieux comprendre qui je suis et de faire le bon choix ensuite.
Bref, on peut être déçus un jour, mais ne restez pas sur cette impression, vous verrez que demain il peut se transformer en un beau souvenir.
Comment faire pour dire pardon pour quelque chose de dur ?
Notre vie est faite de bons et mauvais actes et on peut s’en vouloir longtemps d’avoir mal agi, que ce soit grave ou non.
Mais, si l’on s’apitoie, ça ne nous fait pas avancer et l’on ne se sent pas bien.
Nous n’avons pas de recette miracle mais un petit conseil à donner serait de pouvoir rencontrer un prêtre et de tout exprimer pour se libérer car Dieu est tout Amour et il purifie, crois-le vraiment !
Et peut-être que tu peux poser un acte ou faire quelque chose envers la personne (ou prendre une grande résolution si c’est pour toi-même ) pour montrer ton regret …
En pardonnant à un proche, peut-on découvrir une vérité ?
En pardonnant, on donne surtout la liberté et la possibilité à l’autre de grandir, de réfléchir sur lui-même, de se remettre en question et de prendre conscience de ses actes.
Ce peut être la clé pour mieux se retrouver et réapprendre à se parler et une porte ouverte à des vérités non dites jusque-là.
Est-ce grave d’avoir une baisse de foi ?
On peut bien sûr avoir des moments d’éloignement soit par nos préoccupations quotidiennes, soit parce que nous nous sentons seul à croire et il peut y avoir du découragement, ou alors, on se pose des questions sur le sens de notre foi et on ne sait pas toujours vers qui se tourner pour être éclairé.
Il n’y a rien de grave, il y a des hauts et des bas, c’est normal et cela arrive régulièrement… nous avons la chance de faire partie de l’Eglise, une vraie famille qui nous entoure (faite d’hommes, avec leurs qualités et leurs défauts bien sûr)
Et c’est l’assiduité à la prière qui est importante même si parfois on ne ressent rien, on peut penser que ça ne sert à rien mais il ne faut pas lâcher car la prière est puissante et elle agit pour toi mais aussi pour le monde.
Il arrive aussi que dans nos moments de fragilité, le tentateur en profite pour nous pousser vers une autre voie. Il est donc sage de prendre le temps de réfléchir, de s’appuyer sur une épaule solide qui saura nous aider à ouvrir les yeux et laisser venir en nous l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité, de force et de conseil.
Comment peut-on essayer d’arrêter d’être en compétition pour quasiment tout avec ses frères et sœurs ?
La compétition, c’est au point de départ une forme d’orgueil et de jalousie. Et si l’on prend conscience que soi-même on doit changer, c’est déjà un grand pas !
C’est accepter les remarques sans surenchérir ou sans prouver que l’on a mieux fait ou réussi.
C’est rester accueillant à ce que ton frère t’explique sans tout ramener à toi et en l’écoutant simplement.
C’est lui montrer que tu es fier de lui.
Prends le temps de faire des jeux , des activités avec lui pour vivre des moments forts, des moments de complicité.
Quand on se dispute avec son frère ou sa sœur, faut-il s’excuser de suite ou plutôt attendre un peu pour que chacun réfléchisse ?
Nous avons toujours incité nos enfants à s’excuser tout de suite pour leur montrer que l’on ne peut pas fuir devant les épreuves et qu’il faut assumer ses actes.
Mais nous sommes conscients que ce pardon n’est pas souvent celui qui vient du cœur…
Et oui, il nous semble important, que chacun au calme, après réflexion personnelle, puisse revenir pour s’excuser pleinement et discuter plus facilement. Mais il vaut mieux attendre que la tempête soit passée, on est moins sur la défensive ou la colère et plus à même d’entendre le pardon.
Le pardon est-il facile pour vous ?
Non, bien sûr… Même si on a conscience que le pardon est essentiel, il y a des jours où c’est plus dur, pour des choses, des situations où l’on n’y arrive pas.
C’est en connaissant cette difficulté que, régulièrement, on se partage ce qui nous a potentiellement blessé, un geste, une parole, un regard. L’échange en vérité permet de mieux se comprendre. Il nous semble même essentiel pour construire une relation de confiance.
Sophie et Jean-Baptiste

